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📅 05/01/2026

Résumé

L’année 2025 s’achève sur un constat de maturité brute : l’intelligence artificielle, la donnée et les infrastructures numériques ont cessé d’être des promesses technologiques pour devenir des leviers de puissance souveraine. Ce qui relevait hier de l’innovation périphérique est désormais un enjeu central, au même titre que l’énergie ou la défense. L’économie mondiale a compris que la maîtrise du numérique conditionne la capacité à produire, à décider et finalement à rester libre de ses choix stratégiques.

Pourtant, 2025 n’a pas marqué une accalmie. Elle a surtout mis fin à un malentendu. Pendant que beaucoup se laissaient fasciner par des interfaces spectaculaires, la véritable valeur se déplaçait vers des chantiers moins visibles : industrialisation des usages, refonte des architectures de données, sécurisation des processus métiers. Là où certains attendaient une magie immédiate, les acteurs les plus performants ont fait ce que font toujours les gagnants : ils ont investi dans l’ingénierie, la méthode et la gouvernance (même si c’est moins sexy !).

Cette bascule dessine aujourd’hui une ligne de fracture nette. D’un côté, les organisations qui ont structuré leurs systèmes d’information comme des actifs stratégiques gagnent en robustesse et en agilité. De l’autre, celles qui ont cédé à l’accélération sans contrôle, empilant des solutions tierces opaques, voient croître une dette invisible. Cette dette n’est pas seulement technique : elle est réglementaire, économique et souveraine.

En 2026, la question ne sera plus de « faire de l’IA » mais de savoir qui contrôle réellement la chaîne de valeur (modèles, infras de calcul…)

L’année qui s’ouvre doit être celle de la stabilisation. Il faudra résister aussi bien à la précipitation qu’à la prudence (qui peut paralyser). Cela implique de penser les architectures dès la conception, de privilégier l’interopérabilité et la sécurité plutôt que la facilité de court terme et de réconcilier performance et responsabilité.

Transparence et traçabilité ne sont plus des contraintes administratives : elles sont devenues les conditions de l’efficacité industrielle. Sans confiance ancrée dans la preuve technique, le déploiement à l’échelle restera une illusion.

Pour nous en Europe, l’enjeu est celui d’une souveraineté lucide, capable de s’affranchir de l’alternative entre dépendance naïve et isolationnisme vain. Notre autonomie technologique ne naîtra pas de slogans, mais de notre capacité d’exécution, de coopération choisie et d’alignement entre ambition politique et réalité industrielle.

2026 doit être l’année où chacun accepte de construire, sérieusement, avec rigueur et ambition.

L’enjeu n’est plus d’être impressionnés par la technologie, mais de la maîtriser, afin de ne pas devenir de simples utilisateurs du futur des autres.

Meilleurs vœux à tous et une pleine réussite pour vos projets.

Et au plaisir de travailler ensemble !

Antoine Jeanjean

Founder & CEO Bodic